Relever de grands défis

Entretien avec Etienne Smulevici , pilote de rallye aux 34 Dakar !
Pilote professionnel aux 34 Dakar, dont 21 à l’arrivée, et aux 500 000 km de course, Etienne Smulevici s’est élancé cette année au volant d’un camion sur le Dakar 2016. Pour Phidoo, il dévoile les secrets permettant de relever de grands défis.

Phidoo : Comment vous est venue cette passion pour les rallyes-raids de manière générale, et le Dakar en particulier ?

Etienne Smulevici : Il s’agit d’une longue histoire ! Je fais partie, en quelque sorte, de la génération montante de l’automobile. Et j’ai la même attirance pour le désert qu’un marin pour la mer. J’ai eu l’occasion, avant même l’existence du Dakar, de faire un voyage en Afrique, et j’adore être confronté à des situations de l’extrême. De ce fait, après 33 Dakar au volant d’automobiles diverses (4x4, buggy…), je m’élance sur ma 34ème édition avec toujours la même motivation confirmant une vraie passion !


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Quelles sont les qualités à déployer pour relever de tels challenges sportifs ?

La première et principale qualité à déployer est une force mentale à toute épreuve : il ne faut jamais baisser les bras. Tant qu’on peut avancer, il est nécessaire de le faire. Après, un Dakar nécessite beaucoup d’expérience et des qualités d’endurance importantes. Car un rallye-raid tel que le Dakar, ce sont 15 courses de suite !

Le rallye-raid nécessite-t-il une préparation physique et mentale particulière ?

Le mental ne se cultive pas : on l’a ou on ne l’a pas ! Cet aspect ne se travaille pas comme un muscle : c’est davantage quelque chose que l’on a en soit, et qui doit être à toute épreuve ! Dans ce domaine, un point en particulier est à noter : la concentration peut notamment être travaillée avec un coach. Concernant le physique, il faut un minimum de préparation. Pour ma part, par exemple, je fais 1h30 de sport très dur au quotidien, 365 jours par an !


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Qu’est-ce qui fait la différence entre un pilote novice et un pilote expérimenté, pour terminer un rallye-raid tel que le Dakar ?

Si un pilote novice dispose d’un mental d’acier, il a l’atout principal pour terminer le Dakar. L’expérience est un plus. La particularité du Dakar est que seulement 30 % des participants terminent classés, ce qui est très peu par rapport aux autres rallyes-raids. Dans tous les autres, excepté peut-être le Paris-Moscou-Pékin, il y a beaucoup plus de concurrents à l’arrivée… Dès le départ, Thierry Sabine souhaitait que le Dakar soit le rallye-raid le plus dur et le plus long du monde !

Comment se déroule la préparation d’un Dakar ?
De retour d’un Dakar, il reste 11 mois pour préparer l’édition suivante, que ce soit au niveau du choix du véhicule, du team, du copilote et bien entendu l’aspect financier du projet ! Le tout, en continuant de se préparer physiquement !


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Comment communique-t-on durant le Dakar, en plein milieu du désert ou de la pampa ?

Le véhicule préparé est bien entendu aux couleurs des partenaires associés, et il est facile, avec un contrat photo, d’envoyer une image au quotidien ainsi qu’un commentaire écrit ou vocal pour alimenter un blog, un compte Twitter ou Facebook. Il n’y a pas de sport de haut niveau sans partenaire financier, et cela doit aller au-delà même des images, en organisant des voyages VIP (clients, collaborateurs, prescripteurs…) autour des journées de départ, de repos et d’arrivée. Au retour de l’épreuve, il est nécessaire d’être disponible pour des journées événement, incentive, dédicace, exposition, salon… Enfin, communiquer au milieu du désert est aujourd’hui facilement réalisable, notamment grâce aux transmissions satellites, à partir du moment où les moyens habituels de communication (GSM, wifi…) sont disponibles.

Propos recueillis par Julien Pompey

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